La Relation de Couple

La Relation de Couple

TA RELATION AVEC BERTRAND, ELLE VA COMMENT?

Parce que moi avec Joël, c’est l’horreur. Je ne sais plus quoi faire, je suis désespérée, je me sens de plus en plus seu1e, incomprise, démunie. C’est quand même compliqué de gérer une relation de couple dans la durée !

Au début, c’était génial, super, tout ce qu’on faisait, ce qu’on disait, ce qu’on pensait, c’était ensemble et puis çà changé, j’ai découvert que je n’avais pas toujours envie de faire comme lui, avec lui, et il s’est éloigné et on s’est engueu1é fort, très fort. Ah! je t’assure, c’est épuisant. Enfin, bref, alors toi, avec Bertrand, raconte !

– Eh bien moi, çà marche bien, la relation se construit petit à petit, lentement, ce n’est pas toujours rose mais j’apprends à gérer les problèmes de manière constructive à repérer ce qui est bon pour moi dans la relation, ce qui n’est pas bon aussi.

Ce que je peux te dire, c’est qu’une relation, çà se nourrit avec de la tendresse, de l’écoute, des attentions. j’ai appris çà quand j’ étais petite, c’est mon grand-père qui m’a fait comprendre comment faire pour qu’une relation soit vivante, facile à vivre et respectueuse de chacun.
C’était un jardinier des relations humaines, D’abord, il disait que c’est important de ne pas, parler sur l’autre, le juger, le condamner, le dévaloriser. Pour lui, il est essentiel d’écouter, d’accepter l’autre dans sa différence. Il menait ses relations avec une intuition presque innée, il n’a jamais appris. II avait une sagesse, une douceur en lui, il dégageait une sérénité, un calme qui faisait que les personnes qui entraient en relation avec lui le sentaient. Bref ! J’applique ses méthodes avec Bertrand et çà marche.

– T’en as ·de la chance, moi, dans mon enfance, c’était dur à la maison, je n’ai pas eu un grand-père comme le tien, mes parents se disputaient tout le temps, je me bouchais les oreilles pour ne pas les entendre. Maman pleurait souvent, je n’ai jamais bien compris ce qui se passait vraiment. Un jour, ils ont divorcé, je suis restée avec ma mère et je voyais mon père de temps en temps. J’ai l’impression que je reproduis, avec Joël, l’ambiance de mon enfance.
– C’est sans doute vrai, tu sais si tu veux, je peux te proposer quelques outils simples pour t’aider à mieux gérer ta relation, çà sera déjà un début.
Oh oui ! je veux bien, Et bien d’abord, tu pourrais arrêter de parler sur Joël, simplement parler de toi, de ce que vis, tu ressens, ce que tu vis, dis le lui, tu verras, c’est beaucoup plus bénéfique. Et puis gérer ses relations, çà s’apprend. Si tu es d’accord, je t’apprendrais ce que je sais.
Oui, c’est formidable, je ne veux plus vivre en couple de cette façon, la vie c’est quand même mieux que çà !

DESIR SUR / DESIR VERS

ISABELLE: – J’en ai assez, avec toi c’est toujours pareil. Tu rentres de ton travail, fatigué, de mauvaise humeur, tu te colles devant la télé et c’est comme si je n’existais pas.
J’aimerais que tu sois plus présent, que tu t’occupes des enfants, que tu me racontes ta journée.

REMI: – Tu sais, je n’ai pas envie le soir, j’ai besoin de calme et d’espace.

I : – Tu pourrais t’inscrire à un club de sport. Ca te ferait du bien.

R : – Tu sais bien que ce n’est pas mon désir.

I : – Tes désirs? Parlons-en. T’as jamais envie de rien, c’est toujours moi qui décide de tout, les sorties, les vacances, les cadeaux, j’en ai assez !

R :. – C’est vrai, je n’ai envie de rien et puis je sais que de toute façon t’as déjà tout décidé. Et puis tu voudrais que je sois ceci, que je fasse cela, je sens tellement de désirs sur moi, que moi j’en ai de moins en moins.

I : – Des désirs sur toi! Là tu exagères, je fais çà pour ton bien. Bon, ok, alors choisis où tu veux partir le week-end prochain, dis-moi ton désir.

R : – On pourrait aller en Normandie.

I : – En Normandie! ! Mais c’est moche, il fait gris, il n’y a rien à voir… !

R: – Bon. Eh bien, fait ce que tu veux …

Rémi est fatigué, il se sent envahit par les désirs d’Isabelle.
Isabelle exprime des désirs qu’elle a sur Rémi, désir qu’il change, qu’il choisisse, qu’il décide. Rémi, quant à lui, exprime enfin un désir qui est le sien et Isabelle le dévalorise.

Le « désir sur » est un désir polluant et étouffant pour l’autre.

Le désir, « vers l’autre » est un élan, un mouvement de moi , vers l’autre, créateur d’énergie qui propose mais n’impose pas.

QUAND LE COUPLE DEVIENDRA T-IL UN COUPLE?

Voilà, parfois déformée, une des visions du couple!

En existe-t-il vraiment une définition, une image, une valeur qui nous aide à le construire de façon à être heureux? Car il est là, le désir: être heureux à deux,

Dans la plupart des films, contes, chansons, le couple vit des souffrances, des illusions, des peurs avant d’obtenir, peut-être, le droit à ce  » bonheur « qui n’est jamais vraiment acquis.

 » L’important, c’est d’aimer » dit Florent Pagny. Quel est le prix de l’amour? l’amour-demande, l’amour-attente, l’amour-passion?

Voilà des siècles que les écrivains du monde entier parlent de l’amour et du couple avec une ferveur qui ne faillit pas. Plus le manque, la peine, le chagrin sont là et plus c’est exaltant!

Alors, entre l’image du couple que nous ont transmis nos parents et celle que nous inculque la culture sociale, comment grandir à deux?

Il est possible de créer ses propres repères, d’apprivoiser ses peurs, de s’initier à de nouvelles croyances. C’est un chemin qui se fait d’abord seul, seul dans son cœur, sa tête, avec ses doutes, ses craintes, et surtout ses blessures. Guérir de ce qui s’est imprimé au plus profond de nous pour construire un couple en bonne santé, c’est le préalable d’une vraie vie à 2. Prendre soin de soi, s’occuper de ses blessures, se délier des relations anciennes, sont les conditions à la naissance d’une relation amoureuse durable et vivifiante. L’amour-tendresse, l’amour-respect, seront les cadeaux sur ce chemin …..